La Saison des Feux | Celeste Ng


Livre La Saison des Feux de Celest Ng

L'histoire se passe dans une banlieue chic de Cleveland (Ohio, USA) à la fin des années 90. Tout commence par un incendie. Mais les feux ( le titre original est Little Fires Everywhere) sont aussi sur le plan métaphoriques.

Flashback à l'époque de mon adolescence, les cinq ado qui font partie des personnages principaux de ce roman évoluent dans un monde proche (à part qu'ils sont américains, cela fait quand même une grande différence) de celui dans lequel je vivais à 17 ans. Et les questionnements de leurs mères sont peut-être aujourd'hui les miens, alors que je suis à mon tour mère d'une jeune adulte.

Je ne classerais d'ailleurs pas ce roman dans la catégorie jeune adulte. Même si certains pourront s'identifier à ces personnages attachants, je trouve le timing encore plus parfait pour ma génération. Ou même pour celle de mes parents.

Chacun a en tête une image lorsque est évoqué l'archétype de la mère. Qu'est-ce qu'une mère? Qu'est-ce qu'une bonne mère? Nous nous posons tous la question à un moment de notre vie, surtout si nous jouons nous-même ce rôle. Qu'est-ce qui fait qu'une femme devient une mère? La biologie? Ou bien l'affection qu'elle porte à son enfant?


Dans La Saison Des Feux, Celeste Ng (prononcé -ing) fait pour ainsi dire, le tour de la question grâce à des personnages attachant et dont la narration développe bien la psychologie.

Tout y est : la mère qui abandonne, la mère abusive, intrusive, maniaque du contrôle, la mère adoptive, le conflit travail/ foyer, la question de la valeur que l'on donne à son occupation en tant que mère ( qu'on soit artiste, qu'on ait un emploi à temps plein ou non…), la valeur du rôle de mère au sein de la société.

Ce roman traite aussi bien de la difficulté d'être une artiste et une mère à la fois, que des barrières que ce rôle nous met dans notre société patriarcale où l'argent (et surtout la façon dont on l'utilise aux yeux des autres) est un facteur important d'acceptation sociale.

Par ailleurs, je trouve intéressant de voir à travers les cinq adolescents, la manière dont se forgent ces images - de la mère, l'artiste, de la réussite sociale notamment à travers l'archétype du mendiant - au moment où l'individu prend conscience de sa propre personnalité et cherche à l'exprimer en développant son égo.

L'héritage familiale s'impose alors à l'adolescent avec toutes les obligations et contraintes que cela implique à un âge où on se rend compte que chacune de nos décisions compte.

Dans ce roman, nous rencontrons beaucoup d'autres archétypes intéressants : la rebelle, l'amoureux, l'activiste, le détective, le don juan etc...

On parle aussi des préjugés raciaux et de l'importance de l'héritage tribal ce chacun. Qu'est-ce que notre héritage tribal, celui du sang et de l'ADN ou bien celui de la communauté dans laquelle nous avons grandi?

Après avoir lu le roman, j'ai aussi regardé la mini-série - Little Fires Everywhere, de Liz Tigelaar avec Reese Witherspoon et Kerry Washington. La série est plutôt bien faite mais pas absolument fidèle au roman qui lui reste largement supérieur.


Donc je vous encourage à le lire (ou à l'écouter en livre audio) plutôt qu'à regarder la série! N'hésitez pas à partager cet article sur les réseaux sociaux et à réagir dans les commentaires.

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